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Tu seras une femme, ma fille




Si tu peux laisser ce chef ruiner ta carrière, Et, malgré le doute en toi, monter ton bizness, Ou t'accepter, victime stressée, dans ta tanière, Sans honte, retenue ou ivresse, Si tu peux ne plus aimer et pourtant rester, Si tu peux partir, et chaque jour t'en vouloir, Et, te sentant trahie, sans traîner à ses pieds, Pourtant espérer le revoir,



Si tu peux supporter de ruiner ton nail-art, Filer tes collants, en changeant ce con de pneu, Et de voir leurs regards sur toi "ô pauvre tarte", Sans soif de vengeance ni enjeu, Si tu peux pisser en bande avec tes copines, Si tu peux compatir pour la vendeuse blasée, Et si tu peux mettre en colère les misogynes Sans avoir peur de faire jaser, Si tu sais résister à la maternité, Sans jamais haîr ni moquer les femmes en cloque, Enfanter, mais sans laisser l'enfant t'avaler, Jouir sans n'être qu'un corps violé, Si tu peux saigner sans jamais tâcher ton string, Si tu peux le tâcher et ne pas te maudire, Si tu sais être queen, si tu sais être king, Sans être cloche ni triste sire, Si tu peux laisser Ken, ce lourdaud, te draguer, Et gentiment et fermement le friend-zoner, Si tu peux ne pas rentrer ton bidon gonflé Quand Barbie exhibe ses nénés, Alors les Reines, les Déesses, la Lune, les Étoiles, Seront à tout jamais tes joyaux qui scintillent, Et dans la lumière du vent soulevant tes voiles, Tu seras une femme, ma fille.

(Librement inspiré du Tu seras un homme, mon fils, traduction de If de Rudyard Kipling)


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Née d’une volonté de mettre en exergue le corps de la femme dans une phase de transformation, la série Wild Mamas nous parle de chacune d’entre nous. Les postures captées lors d’une danse effectuée par l’artiste viennent synthétiser la mutation des formes féminines, en un jeu de lignes dont le minimalisme sublime la puissance.






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